Scandonest 30 mg/ml

Composition

Principes actifs

Mepivacaini hydrochloridum.

Excipients

Natrii chloridum, natrii hydroxidum, aqua ad iniectabile.

1 ml de solution injectable contient 2,467 mg de sodium.

Forme pharmaceutique et quantité de principe actif par unité

Solution injectable (infiltration et voie périneurale)

1 ml de solution injectable contient 30 mg de chlorhydrate de mépivacaïne.

Chaque cartouche de 1,7 ml de solution injectable contient 51 mg de chlorhydrate de mépivacaïne.

Indications/Possibilités demploi

Pour lanesthésie locale ou loco-régionale lors des opérations dentaires chez ladulte, ladolescent et lenfant de plus de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel).

Posologie/Mode demploi

Le médicament ne peut être utilisé que par ou sous la supervision de médecins et dentistes suffisamment formés et familiers avec le diagnostic et le traitement des toxicités systémiques. La présence dun équipement et de médicaments de réanimation ainsi que celle dun personnel qualifié doit être confirmée avant deffectuer une anesthésie locale afin dassurer la prise en charge immédiate de toute urgence respiratoire ou cardiovasculaire. Létat de conscience du patient doit être surveillé après chaque injection dun anesthésique local.

 

Posologie usuelle

Comme labsence de douleur dépend de la sensibilité de chaque patient, la plus petite dose efficace danesthésique doit être utilisée.

Lors dune intervention plus importante, une cartouche ou plus peut savérer nécessaire, sans dépasser la dose maximale recommandée.

Chez les adultes, la dose maximale recommandée est de 4,4 mg par kg de poids corporel, la dose maximale recommandée étant de 300 mg chez les patients pesant plus de 70 kg, soit 10 ml de solution injectable.

A noter: la quantité maximale doit prendre en compte le poids corporel du patient. Comme chaque patient a un poids différent, la dose maximale tolérée de mépivacaïne sera différente chez chacun. De plus, il existe des variations individuelles importantes quant au début et à la durée de leffet.

Le tableau ci-dessous indique les doses maximales autorisées chez ladulte avec les techniques danesthésie les plus courantes ainsi que leur équivalent en nombre de cartouches:

Poids corporel
(kg)

Dose de chlorhydrate de mépivacaïne (mg)

Volume
(ml)

Nombre équivalent* de cartouches (1,7 ml)

50

220

7,3

4,0

60

264

8,8

5,0

70

300

10,0

5,5

*Arrondi à la demi cartouche approchante

 

Enfants et adolescents

Scandonest 30 mg/ml ne doit pas être utilisé chez les enfants de moins de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel) (voir «Contre-indications»).

Dose recommandée:

La quantité injectée dépend de lâge, du poids de lenfant et du type dintervention à réaliser. La dose moyenne est de 0,75 mg/kg = 0,025 ml de solution de chlorhydrate de mépivacaïne par kilogramme de poids corporel, ce qui correspond environ à ¼ cartouche (15 mg de chlorhydrate de mépivacaïne) chez un enfant pesant 20 kg.

Dose maximale recommandée:

La dose maximale recommandée chez les enfants et les adolescents est de 3 mg de mépivacaïne/kg de poids corporel (0,1 ml de mépivacaïne/kg de poids corporel).

Le tableau ci-dessous indique les doses maximales autorisées chez les enfants ainsi que leur équivalent en nombre de cartouches:

Poids corporel
(kg)

Dose de chlorhydrate de mépivacaïne (mg)

Volume
(ml)

Nombre équivalent* de cartouches (1,7 ml)

20

60

2

1,2

35

105

3,5

2,0

45

135

4,5

2,5

* Arrondi à la demi cartouche approchante

 

Instructions posologiques particulières

En labsence de données cliniques, des précautions spéciales doivent être prises afin dadministrer les plus petites doses qui permettent de procurer une anesthésie efficace chez:

§les personnes âgées

§les insuffisants rénaux

§les insuffisants hépatiques.

La mépivacaïne est métabolisée au niveau du foie et il peut y avoir des taux plasmatiques élevés chez des patients souffrant de troubles hépatiques, surtout en cas dusage répété. Si une réinjection savère nécessaire, le patient doit être surveillé afin didentifier tout signe de surdosage.

 

Usage concomitant de sédatifs pour réduire lanxiété du patient

Si un sédatif est administré, la dose maximale tolérée de mépivacaïne doit être réduite à cause de leffet additif de cette association sur la dépression du système nerveux central (voir «Interactions»).

 

Mode d’administration

Infiltration et voie périneurale.

 

Précautions à prendre lors de ladministration du médicament

La vitesse dinjection ne doit pas dépasser 1 ml de solution par minute.

Les anesthésiques locaux doivent être injectés avec précautions lorsque le site dinjection est enflammé ou infecté.

Contre-indications

§Hypersensibilité au principe actif (ou à tout autre anesthésique local de type amide) ou à lun des excipients mentionnés à la rubrique «Composition»;

§Enfants de moins de 4 ans (environ 20 kg de poids corporel);

§Troubles sévères de la conduction auriculo-ventriculaire non stabilisés par un pacemaker;

§Epilepsie non contrôlée.

Mises en garde et précautions

Précautions d’usage

Les anesthésiques locaux ne doivent être utilisés que par des professionnels de santé bien entraînés au diagnostic et au traitement des intoxications et des autres situations durgence suite à lusage dun anesthésique. Il faut sassurer de la disponibilité immédiate doxygène, dautres médicaments de réanimation, dappareils de réanimation cardio-pulmonaire et de personnel qualifié, pour une gestion efficace des réactions toxiques et des situations durgence (voir «Posologie/Mode demploi»). Des délais dans le traitement de la toxicité dose-dépendante, lhypoventilation, quelle que soit son origine, et/ou une sensibilité modifiée, peuvent entraîner le développement dune acidose, un arrêt cardiaque voire même la mort.

Lhypoxémie et lacidose métabolique peuvent potentialiser la toxicité cardiovasculaire. Le contrôle précoce des convulsions et une oxygénothérapie efficace pour traiter lhypoxémie et lacidose peuvent prévenir larrêt cardiaque.

Lusage concomitant dautres médicaments peut nécessiter une surveillance rigoureuse du patient (voir «Interactions»).

 

Risques associés à une injection intravasculaire accidentelle

Une injection intravasculaire accidentelle (par ex.: une injection intraveineuse par inadvertance dans la circulation systémique, linjection intra-artérielle ou intraveineuse par inadvertance dans la région de la tête ou du cou) peut être associée à certains effets indésirables sévères comme des convulsions suivies dune dépression du système nerveux central ainsi que du système cardiorespiratoire et dun coma, allant jusquà larrêt respiratoire, résultant dune montée soudaine et élevée du taux de mépivacaïne dans la circulation systémique. Ainsi, afin de sassurer que laiguille ne pénètre pas dans un vaisseau sanguin durant linjection, il faut effectuer une aspiration avant dinjecter lanesthésique local. Cependant, labsence de sang dans la seringue ne garantit pas quune injection intravasculaire ait bien été évitée.

 

Risques associés à une injection intraneurale

Une injection intraneurale accidentelle peut entraîner la progression rétrograde du produit le long du nerf.

Afin déviter une injection intraneurale et de prévenir les dommages neurologiques liés aux blocs neuronaux, laiguille doit toujours être légèrement retirée si une sensation de choc électrique est ressentie par le patient durant linjection ou si linjection est particulièrement douloureuse. Si des dommages neurologiques dus à laiguille surviennent, leffet neurotoxique peut être aggravé par la neurotoxicité chimique potentielle de la mépivacaïne car cela peut perturber la circulation sanguine périneurale et empêcher lélimination locale de la mépivacaïne.

 

Mise en garde spéciales

Sil y a un risque de réaction allergique, choisir un autre produit anesthésique (voir rubrique «Contre-indications»).

La mépivacaïne doit être utilisée de manière sûre et efficace dans les conditions appropriées:

Les effets de lanesthésie locale peuvent être réduits lorsque Scandonest 30 mg/ml est injecté dans une zone inflammatoire ou infectée.

Un risque de morsure (lèvres, joues, muqueuses et langue) existe, surtout chez lenfant; il faut conseiller au patient déviter de mâcher des chewing-gums ou des aliments jusquà ce que les sensations normales soient rétablies.

 

La mépivacaïne doit être utilisée avec précautions chez les:

 

Patients souffrant de troubles cardiovasculaires:

§Troubles vasculaires périphériques,

§Arythmies, particulièrement dorigine ventriculaire,

§Troubles de la conduction auriculo-ventriculaire,

§Insuffisance cardiaque,

§Hypotension.

La mépivacaïne doit être administrée avec précautions chez les patients souffrant de troubles cardiaques car leur capacité à compenser une aggravation est plus faible et ils pourraient ne pas pouvoir compenser les changements liés à la prolongation de la conduction auriculo-ventriculaire.

 

Patients épileptiques:

En raison de leurs effets convulsivants, tous les anesthésiques locaux doivent être utilisés avec beaucoup de précautions chez ces patients. Pour les patients épileptiques mal contrôlés, voir «Contre-indications».

 

Patients souffrant de troubles hépatiques:

La plus petite dose efficace qui procure une anesthésie efficace doit être utilisée.

 

Patients souffrant de troubles rénaux:

La plus petite dose efficace qui procure une anesthésie efficace doit être utilisée.

 

Patients souffrant de porphyrie:

Scandonest 30 mg/ml ne doit être utilisé chez des patients souffrant de porphyrie aiguë que sil nexiste pas dalternative plus sûre. Tous les patients souffrant de porphyrie doivent être traités avec les précautions correspondantes car ce médicament peut déclencher une porphyrie.

 

Patients souffrant d’acidose:

Ce médicament doit être employé avec précautions en cas dacidose, comme lors d’une aggravation dune insuffisance rénale ou de diabète de type 1 mal corrigé.

 

Patients âgés:

Les doses doivent être réduites chez les patients âgés (en raison de labsence de données cliniques).

 

Patients avec un risque de saignement:

La mépivacaïne doit être administrée avec précautions chez les patients utilisant des traitements antiplaquettaires/anticoagulants ou souffrants de troubles de la coagulation, en raison dun risque accru de saignement. Le risque accru dhémorragie est plus en rapport avec la procédure quavec le médicament.

 

Sodium

Ce médicament contient 24,67 mg de sodium pour 10 ml de solution dinjection (dose maximale recommandée), équivalent à 1,23% de la dose quotidienne maximale recommandée par lOMS, soit 2 g de sodium chez ladulte.

Interactions

Interactions additives avec d’autres anesthésiques locaux

La toxicité des anesthésiques locaux est additive. La dose totale de mépivacaïne administrée ne doit pas dépasser la dose maximale recommandée.

 

H2 antihistaminiques (cimétidine)

Des taux sériques accrus danesthésiques de type amide ont été rapportés suite à ladministration concomitante de cimétidine. La cimétidine réduit lélimination de la mépivacaïne.

 

Sédatifs

Si des sédatifs sont utilisés pour réduire lappréhension du patient, des doses réduites danesthétiques doivent être employées car les anesthésiques locaux, comme les sédatifs, sont des dépresseurs du système nerveux central et leur association peut avoir un effet additif.

 

Antiarythmiques

Les patients traités par des antiarythmiques peuvent subir une accumulation deffets indésirables après ladministration de Scandonest 30 mg/ml, leurs structures étant similaires (comme les médicaments de classe I, par ex. la lidocaïne).

 

Inhibiteurs de la CYP1A2

La mépivacaïne est métabolisée principalement par lenzyme CYP1A2. Les inhibiteurs de ce cytochrome (par ex. ciprofloxacine, énoxacine, fluvoxamine) peuvent ralentir son métabolisme, augmenter le risque deffets indésirables et contribuer aux taux sanguins persistants ou toxiques en raison de leur élévation. Des taux sériques élevés danesthésiques de type amide ont également été rapportés après ladministration concomitante de cimétidine, ce qui est probablement dû à linhibition par la cimétidine de la CYP1A2. La prudence est recommandée lors de lassociation du présent médicament avec ces médicaments car les vertiges peuvent durer plus longtemps (voir «Effet sur laptitude à la conduite et lutilisation de machines»).

 

Propranolol

Lélimination de la mépivacaïne peut être réduite lorsquelle est associée au propranolol et les taux sériques de cet anesthésique peuvent être plus élevés. Il faut prendre des précautions lorsque la mépivacaïne est administrée de manière concomitante avec du propranolol.

Grossesse, Allaitement

Grossesse

Aucune étude clinique na été effectuée chez les femmes enceintes et aucun cas de femme enceinte ayant reçu une injection de mépivacaïne 30 mg/ml na été rapporté dans la littérature.

Des études expérimentales suffisantes menées chez lanimal concernant la toxicité sur la reproduction ne sont pas disponibles. Il est donc préférable, par mesure de précaution, déviter lusage de la mépivacaïne durant la grossesse, sauf sil savère nécessaire.

Allaitement

Aucune mère allaitante na été incluse dans les études cliniques de Scandonest 30 mg/ml. Cependant, étant donné labsence de données pour la mépivacaïne, un risque pour les nouveau-nés/nourrissons ne peut être exclu. Il est donc conseillé aux mères de ne pas allaiter dans les 10 heures qui suivent une anesthésie par Scandonest 30 mg/ml.

Fertilité

Des études expérimentales suffisantes menées chez lanimal à propos de la fertilité ne sont pas disponibles. Il nexiste actuellement pas de données chez lhomme.

Effet sur laptitude à la conduite et lutilisation de machines

Scandonest 30 mg/ml exerce une influence mineure sur laptitude à conduire et à utiliser des machines. Des étourdissements (incluant vertiges, vision trouble et fatigue) peuvent survenir suite à ladministration de ce médicament et doivent avoir disparu avant la sortie du patient du cabinet dentaire (voir «Effets indésirables»). Le médecin doit dans tous les cas décider quand le patient peut participer de nouveau à la circulation routière ou utiliser de nouveau une machine après lintervention.

Effets indésirables

Résumé du profil de sécurité

Les effets indésirables possibles suivant ladministration de Scandonest 30 mg/ml sont semblables à ceux observés avec dautres anesthésiques locaux de type amide. Ces effets indésirables sont surtout dose-dépendants et proviennent de forts taux plasmatiques suite à un surdosage, une absorption rapide ou une injection intravasculaire accidentelle. Ils peuvent également survenir en cas dhypersensibilité ou de tolérance réduite du patient envers le principe actif.

Les effets indésirables sévères sont habituellement systémiques.

 

Liste des effets indésirables

Les effets indésirables rapportés proviennent de rapports spontanés et de publications. La classification des fréquences suit cette convention: très fréquent (≥1/10), fréquent (≥1/100 à < 1/10), occasionnel (≥1/1000 à <1/100), rare (≥1/10000 à <1/1000), très rare (<1/10000), „fréquence inconnue(ne peut être estimée à partir des données disponibles).

 

Affections du système immunitaire

Rare: hypersensibilité; réactions anaphylactoïdes/choc anaphylactique; angioœdème (visage/langue/lèvres/gorge/larynx1 /œdème périorbital); bronchospasme/asthme2; urticaire

 

Affections psychiatriques

Inconnue: euphorie; anxiété/nervosité3

 

Affections du système nerveux

Fréquent: maux de tête

Rare: neuropathie4: névralgie (douleur neuropathique), paresthésie (par ex. sensations locales de brûlures, de fourmillements, de picotements, de chaud ou de froid sans cause physique apparente) des structures buccales et péribuccales, hypoesthésie/engourdissement (buccal et péribuccal), dysesthésie (buccale et péribuccale), incluant la dysgueusie (par ex. goût métallique, distorsion du goût) et agueusie, vertiges (étourdissements); tremblements3;

dépression sévère du SNC: perte de conscience, coma, convulsions (incluant des crises tonico-cloniques);

présyncope, syncope; confusion, désorientation, difficultés délocution3 (par ex. dysarthrie, logorrhée), agitation3, pertes déquilibre (déséquilibre), somnolence

Inconnue: nystagmus

 

Affections oculaires

Rare: diminution de lacuité visuelle, vision trouble, problème daccommodation

Inconnue: syndrome dHorner, ptose de la paupière, enophtalmie, diplopie (paralysie des muscles oculomoteurs), amaurose (cécité), mydriase, myosis

 

Affections de loreille et du labyrinthe

Rare: vertiges

Inconnue: inconfort dans loreille, acouphènes, hyperacousie

 

Affections cardiaques

Rare: arrêt cardiaque, bradyarythmie, bradycardie, tachyarythmies (incluant les extrasystoles ventriculaires et la fibrillation ventriculaire)5 , angine de poitrine6, troubles de la conduction (bloc auriculo-ventriculaire), tachycardie, palpitations

Inconnue: insuffisance myocardique

 

Affections vasculaires

Rare: hypotension (avec possibilité de collapsus vasculaire)

Très rare: hypertension

Inconnue: vasodilatation, hyperémie locale/régionale

 

Affections respiratoires, thoraciques et médiastinales

Rare: dépression respiratoire, bradypnée, apnée (arrêt respiratoire), bâillements, dyspnée2, tachypnée

Inconnue: hypoxie7 (y compris cérébrale), hypercapnie7, dysphonie (enrouement1)

 

Affections gastro-intestinales

Rare: nausées, vomissements, exfoliations et ulcérations gingivales et de la muqueuse buccale, gonflement8 de la langue, des lèvres et des gencives

Inconnue: stomatite, glossite, gingivite, hypersalivation

 

Affections de la peau et du tissu sous cutané

Rare: éruption, érythème, prurit, gonflement du visage, hyperhidrose (transpiration)

 

Affections musculo-squelettiques et du tissu conjonctif

Rare: fasciculations musculaires, frissons

 

Troubles généraux et anomalies au site dadministration

Rare: œdème local, œdème au site dinjection

Inconnue: douleurs thoraciques, fatigue, asthénie (faiblesse), sensation de chaud, douleur au site dinjection

 

Lésions, intoxications et complications liées aux procédures

Inconnue: lésions nerveuses

 

Description deffets indésirables spécifiques et informations complémentaires:

1 Lœdème laryngo-pharyngé est typiquement accompagné denrouement et/ou de dysphagie;

2 Un bronchospasme (bronchoconstriction) survient typiquement avec la dyspnée (essoufflement);

3 Certains effets indésirables comme lagitation, lanxiété/des tremblements dus à la nervosité, les troubles de lélocution peuvent être des signes dalerte avant une dépression du SNC. En présence de ces signes, il faut demander au patient dhyperventiler et instaurer une surveillance rigoureuse (voir «Surdosage»);

4 Certains troubles neurologiques peuvent survenir avec différents symptômes de sensations anormales (par ex. paresthésie, hypoesthésie, dysesthésie, hyperesthésie, etc.) des lèvres, de la langue, et des tissus buccaux. Ces données proviennent de rapports post-AMM, surtout suite aux blocs nerveux de la mâchoire, impliquant différentes branches du nerf trijumeau;

5 Surtout chez des patients ayant un trouble cardiaque sous-jacent ou prenant certains médicaments;

6 Survient surtout chez les patients avec des prédispositions ou des facteurs de risque de maladie cardiaque ischémique;

7 Lhypoxie et lhypercapnie sont secondaires à une dépression respiratoire et/ou en relation avec des crises dépilepsie et des contractions musculaires prolongées;

8 Par morsure accidentelle ou mâchage des lèvres ou de la langue alors que lanesthésie persiste.

 

Lannonce deffets secondaires présumés après lautorisation est dune grande importance. Elle permet un suivi continu du rapport bénéfice-risque du médicament. Les professionnels de santé sont tenus de déclarer toute suspicion deffet secondaire nouveau ou grave via le portail dannonce en ligne ElViS (Electronic Vigilance System). Vous trouverez des informations à ce sujet sur www.swissmedic.ch.

Surdosage

Types de surdosage

Le surdosage danesthésiques locaux peut être absolu, suite à linjection de doses excessives, ou relatif, suite à linjection de doses normalement non-toxiques dans certaines circonstances. Un tel surdosage comprend linjection par inadvertance dans un vaisseau sanguin, labsorption anormalement rapide dans la circulation systémique, un ralentissement du métabolisme et un ralentissement de lélimination du médicament.

 

Signes et symptômes

En cas de surdosage relatif, les patients montrent généralement des symptômes après 1-3 minutes.

En cas de surdosage absolu, les signes de toxicité, selon le site dinjection, peuvent apparaître 20-30 minutes environ après linjection.

Ces effets toxiques sont dose-dépendants et de sévérité progressive au niveau des manifestations neurologiques, suivies dune toxicité vasculaire, respiratoire et finalement cardiovasculaire comme lhypotension, la bradycardie, larythmie et larrêt cardiaque.

Les effets toxiques sur le SNC surviennent progressivement avec des symptômes et des réactions de sévérité croissante. Les symptômes initiaux comprennent lagitation, une sensation dintoxication, une sensation dengourdissement des lèvres et de la langue, une paresthésie autour de la bouche, des étourdissements, des troubles de la vue et de louïe et des bourdonnements doreilles. La présence de ces manifestations durant linjection du produit est un signe dalerte et linjection doit être stoppée immédiatement.

Les symptômes cardiovasculaires surviennent à des taux plasmatiques supérieurs à ceux des symptômes neurologiques et sont généralement précédés par ceux-ci sauf si le patient est sous anesthésie générale ou sédation forte (par ex. sous benzodiazépines ou barbituriques). La perte de connaissance et la survenue de convulsions peuvent être précédées de symptômes annonciateurs comme une rigidité des articulations et des muscles ou des tremblements. Les convulsions peuvent durer de quelques secondes à plusieurs minutes et conduisent rapidement à lhypoxie et lhypercapnie, suite à une activité musculaire accrue et une ventilation insuffisante. Dans les cas les plus sévères, il peut y avoir un arrêt respiratoire.

Les effets indésirables peuvent survenir à des concentrations plasmatiques supérieures à 5 mg/l, les convulsions peuvent survenir à des concentrations supérieures ou égales à 10 mg/l. Il nexiste que des données limitées sur le surdosage.

Lacidose exacerbe les effets toxiques des anesthésiques locaux.

En cas dinjection intravasculaire rapide, une forte concentration sanguine de mépivacaïne dans les coronaires peut entrainer une insuffisance cardiaque, probablement suivie dun arrêt cardiaque, avant que le SNC soit affecté. Les données disponibles sur ce sujet sont contradictoires (voir «Mises en garde et précautions» et «Propriétés/Effets»).

 

Traitement

Si des signes de toxicité systémique aigüe apparaissent, linjection de cet anesthésique local doit être stoppée immédiatement.

Les symptômes liés au SNC (convulsions, dépression) doivent être très rapidement traités par une ventilation appropriée et ladministration danticonvulsivants.

Il est vital dassurer une oxygénation et une ventilation optimales, un soutien circulatoire et de traiter lacidose.

Si une dépression cardiovasculaire survient (hypotension, bradycardie), il faut éventuellement administrer des fluides intraveineux, un vasopresseur et/ou un inotrope. Les enfants doivent recevoir des doses adaptées à leur âge et à leur poids.

En cas darrêt cardiaque, des mesures de réanimation prolongées sont nécessaires.

La dialyse nest pas efficace dans le traitement du surdosage de la mépivacaïne. Lélimination peut être accélérée en acidifiant les urines.

Propriétés/Effets

Code ATC

N01BB03

Mécanisme daction/Pharmacodynamique

La mépivacaïne est un anesthésique local de type amide.

La mépivacaïne inhibe de manière réversible la conduction nerveuse en réduisant ou bloquant le flux de sodium (Na+) durant la propagation du potentiel daction nerveux. Au fur et à mesure que lanesthésie sinstalle le long du nerf, le seuil dexcitabilité électrique augmente progressivement, lélévation du potentiel daction diminue et la propagation de linflux nerveux ralentit.

La mépivacaïne a un bref délai daction, une forte puissance anesthésique et une faible toxicité.

La mépivacaïne montre de légères propriétés vasoconstrictrices entrainant une plus longue durée daction que les autres anesthésiques locaux administrés sans vasoconstricteurs. Ces propriétés vasoconstrictrices ont été mises en évidence par des études. Elles sont avantageuses lorsque linjection dun vasoconstricteur est contre-indiquée.

Plusieurs facteurs comme le pH tissulaire, le pKa, la solubilité lipidique, la concentration de lanesthésique local, la diffusion nerveuse de lanesthésique local, etc., peuvent influencer la survenue et la durée de lanesthésie locale.

 

Installation de laction

En cas de bloc nerveux périphérique pour le traitement dentaire, leffet de la mépivacaïne sinstalle généralement en 3 à 5 minutes.

 

Durée de lanalgésie

Lanesthésie de la pulpe dentaire dure généralement 25 minutes après linfiltration maxillaire et environ 40 minutes après un bloc alvéolaire inférieur tandis que lanesthésie des tissus mous pourra être maintenue jusquà 90 minutes après linfiltration maxillaire et environ 165 minutes après un bloc alvéolaire inférieur.

 

Efficacité clinique

Sans objet.

Pharmacocinétique

Absorption

Suite à linjection péribuccale dune solution de mépivacaïne 30 mg/ml durant des procédures odonto-stomatologiques de routine, les pics des taux plasmatiques ont été mesurés dans différentes études cliniques. Le pic plasmatique maximal de mépivacaïne est atteint après 30-60 minutes. Trente minutes après injection, les concentrations maximales de mépivacaïne rapportées variaient entre 0,4 et 1,2 μg/ml suite à linjection dune cartouche et entre 0,95 et 1,70 μg/ml avec deux cartouches.

Le ratio entre les concentrations plasmatiques moyennes suite à linjection de un ou deux cartouches était de 50% environ, montrant une certaine proportionnalité liée aux doses. Ces concentrations plasmatiques se situent largement en dessous des seuils rapportés de toxicité pour le SNC et le système cardiovasculaire, respectivement 10 à 25 fois inférieurs.

La biodisponibilité est de 100% au site daction.

Distribution

La mépivacaïne est distribuée dans tous les tissus. Les plus fortes concentrations ont été retrouvées dans des tissues fortement vascularisés comme le foie, les poumons, le cœur et le cerveau. La mépivacaïne se lie à 75% environ aux protéines plasmatiques et peut franchir la barrière placentaire par diffusion.

Métabolisme

Comme tous les anesthésiques locaux de type amide, la mépivacaïne est principalement métabolisée au niveau du foie par les enzymes microsomaux (cytochrome P450 1A2 (CYP1A2)). Ainsi, les inhibiteurs des isozymes P450 peuvent ralentir son métabolisme et augmenter le risque deffets indésirables (voir «Interactions»).

Plus de 50% de la dose est excrétée sous forme de métabolites dans la bile. Il existe probablement une circulation entéro-hépatique car seulement une petite quantité apparait dans les selles.

Élimination

La demi-vie délimination est de 2 heures chez ladulte. Lélimination des amides dépend de la vascularisation hépatique. La demi-vie plasmatique est prolongée si le patient souffre dinsuffisance hépatique ou rénale. La durée de lanesthésie locale nest pas liée à la demi-vie car son action cesse dès que le médicament se sépare du récepteur. Les métabolites sont excrétés dans les urines avec moins de 10% de mépivacaïne inchangée. Lélimination peut être accélérée en acidifiant les urines (voir «Surdosage»).

Données précliniques

Des études de toxicité générale (simple dose, doses répétées) ont été menées avec la mépivacaïne, montrant une bonne marge de sécurité.

Les tests de génotoxité in vitro et in vivo de la mépivacaïne nont pas révélé de risque particulier.

Aucune étude de carcinogénicité na été effectuée.

La toxicité potentielle de la mépivacaïne sur la reproduction na été quinsuffisamment étudiée chez lanimal.

Remarques particulières

Incompatibilités

En labsence détudes de compatibilité, ce médicament ne doit pas être mélangé avec dautres médicaments.

Stabilité

Le médicament ne doit pas être utilisé au-delà de la date figurant après la mention «EXP» sur lemballage.

Stabilité après ouverture

Ce médicament ne contient pas de conservateur. Pour des raisons microbiologiques, linjection du médicament doit être effectuée immédiatement après louverture de la cartouche. Les cartouches sont à usage unique. Toute solution inutilisée doit être jetée.

Remarques particulières concernant le stockage

Ne pas conserver au-dessus de 30 °C. Ne pas congeler. Conserver hors de portée des enfants.

Remarques concernant la manipulation

Nutilisez pas ce médicament si vous remarquez que la solution est trouble ou colorée.

Comme pour toute cartouche, le diaphragme doit être désinfecté juste avant emploi. Il sera tamponné soigneusement soit avec de lalcool éthylique à 70%, ou de lalcool isopropylique à 90%, pour usage pharmaceutique.

Les cartouches ne doivent en aucun cas être immergées dans quelque solution que ce soit.

Numéro dautorisation

38646 (Swissmedic)

Présentation

Emballage de 50 cartouches à 1,7 ml (B)

Titulaire de lautorisation

Materia Medica Maibach AG, Risch

Fabricant

Septodont, Saint-Maur-des-Fossés Cedex, France

Mise à jour de linformation

Janvier 2022